Interview de Sandrine Diagana chez L'Oréal - beOtop
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Interview de Sandrine Diagana chez L’Oréal

Aujourd’hui, nous partons à la rencontre de Sandrine Diagana, responsable de services aux collaborateurs / Hapiness Officer chez L’Oréal, qui nous parle de la mise en place d’un espace de revitalisation au siège de L’Oréal Paris… basé à Clichy.

Les besoins en QVT de L’Oréal

Sandrine Diagana - L'Oréal

Sandrine Diagana – L’Oréal

Bonjour Sandrine, peux-tu nous présenter brièvement tes missions chez l’Oréal ?

En plus des missions classiques, au sein de Ressources humaines, ont fleuri par nécessité des missions autour de la conduite du changement, de la simplification des organisations et de la responsabilité de l’entreprise autour du mieux-être et de la qualité de vie.

Je suis aujourd’hui responsable de la veille, la recommandation et la mise en place de solutions au service de cette simplification des structures, cette coresponsabilité employeur/employé autour de la qualité de vie de chacun.

Comment as-tu eu l’idée d’un espace de revitalisation chez L’Oréal ?

Je m’intéresse au développement personnel depuis une dizaine d’années, je pratique et suis même professeur de Yoga. J’y puise un équilibre personnel et, j’espère, une meilleure écoute et compréhension des autres.

Je me suis aperçue que parfois des Loréaliens allaient s’isoler dans les toilettes quand ils avaient besoin de reprendre pied après un coup de chaud ou qu’ils devaient se concentrer avant une présentation importante ou un entretien à enjeu avec leur manager.

Ce n’est pas forcément dû aux processus internes à L’Oréal, c’est le facteur humain auquel nous sommes tous confrontés en tant que managers RH : les collaborateurs ne sont pas des machines et la notion de développement personnel est étroitement liée à celle de l’efficacité professionnelle.

J’ai pensé qu’il fallait déployer chez nous un espace de revitalisation, où nos collaborateurs pourraient se ressourcer au travail et gagner en énergie, efficacité et sérénité.

Cela m’a été confirmé par une enquête interne menée auprès de tous nos collaborateurs sur les solutions à déployer en priorité au travail pour améliorer leur quotidien : c’est l’espace “détente / sieste / zen” qui est arrivé en tête.

Je ne parlerai pas d’engagement des collaborateurs, parce que ça devient un alibi, je dirai simplement que si à titre personnel vous allez bien, les relations interpersonnelles que vous allez avoir au bureau vont nécessairement mieux se passer.

L'espace ré-énergie L'Oréal My Campus

L’espace ré-énergie L’Oréal My Campus

Comment as-tu convaincu ta direction de créer cet espace ré-énergie ?

Je dois avouer que ça n’a pas été facile au départ : parler de développement personnel ou de sieste de récupération sur le lieu de travail ne va pas de soi !

Nous avons dû convaincre toutes les parties prenantes de l’entreprise, comité d’entreprise, délégués du personnel et services de la santé au travail, jusqu’à la direction.

Et nous avons emporté la décision en mettant en avant les nombreux atouts du projet présenté par beOtop :

  • installation flexible, démontable en deux heures si nécessaire
  • aux normes HQE (Haute Qualité Environnementale) dont je suis le porte voix dans notre service
  • au coût que nous souhaitions dépenser en termes d’immobilisations
  • l’espace est semi fermé avec une intimité garantie
  • son esthétique est conforme à l’ADN L’Oréal
  • recours à des matériaux authentiques et de qualité (bois notamment).

Quelles difficultés as-tu rencontrées pour le déployer ?

Le développement personnel est perçu très différemment par chacun, selon son parcours, son éducation, sa culture ou son pays. Ces différences entre individus font qu’il est parfois difficile de se comprendre au travail. Le déploiement de tout nouveau projet transversal comme celui-ci s’accompagne d’une campagne d’information et se faire comprendre de tous constitue déjà le premier défi.

Une fois l’espace ré-energie en place, on constate que les collaborateurs ne s’autorisent pas toujours à prendre un petit temps pour eux : il nous faut donc organiser des sessions de formation, de découverte, d’accompagnement pour les convaincre et parvenir à démocratiser ce temps pour eux.

Je m’occupe ainsi de l’événementiel associé, de la journée de la Qualité de Vie au Travail notamment, où l’on convertit à chaque fois de nouveaux collaborateurs à cette approche de prise en mains de leur bien-être au travail.

Journée QVT L’Oréal Campus

Journée QVT L’Oréal Campus 2018

Enfin d’un point de vue solutions, j’ai choisi avec Nathalie de déployer des solutions opérationnelles sur le plan de :

  • la simplicité. Les collaborateurs sont autonomes, il n’y pas besoin d’être technicien pour appuyer sur 3 touches et déclencher son programme, c’était très important chez nous où l’on a une grande diversité de profils de 20 à 70 ans.
  • la variété. Globalement, il y en a qui aiment beaucoup le côté humain et qui apprécient les services que nous leur proposons tels que coiffure, barbier, soins esthétiques ou énergétiques… et d’autres ont besoin d’être tranquilles. Les solutions mises en place permettaient de couvrir la totalité des besoins exprimés par nos personnels.
  • La mesure statistique de l’usage, mais aussi du ressenti des utilisateurs.

La mise en place de statistiques d’utilisation a permis de rassurer les prescripteurs et de voir qu’il y avait une vraie demande pour utiliser cet espace, au-delà de son esthétique réussie, qui donne envie et séduit d’emblée.

Le partenariat L’Oréal / beOtop

Sandrine Diagana L'Oreal et Nathalie Jalenques beOtop

Sandrine Diagana (L’Oréal) et Nathalie Jalenques (beOtop)

Comment as-tu connu beOtop, pourquoi l’avoir choisie pour aménager cet espace ?

Il y a 2 ans chez L’Oréal, c’était un terrain innovant sur lequel personne ne s’était jusque-là aventuré. Le projet était ainsi à monter de toutes pièces et j’ai pour cela effectué une veille durant 2 mois en amont. Dans ce cadre, j’ai vu et écouté beaucoup de startups, de solutions digitales et autres, mais je savais que ce projet devait avant tout rester humain, simple et cohérent.

Lors de cette veille, sur recommandation d’un contact commun, j’ai eu la chance de croiser le chemin de Nathalie Jalenques, fondatrice de beOtop et pionnière dans cette démarche qu’elle porte depuis plus de 10 ans.

Nathalie Jalenques prône un concept simple en cohérence avec son vécu et elle en assure le suivi et le plan de progrès. Elle s’organise autour d’un écosystème naturel des 5 sens activés dans sa Bulle, son événementiel ou ses espaces.

Ses solutions sont mesurées et mesurables, utilisables de façon simple dans la vraie vie, pour faire une pause plusieurs fois par jour : à chacun sa solution, pour respirer, souffler, y voir plus clair et se rapprocher de notre nature humaine, du capital humain qui est notre grande force.

Elle nous a ainsi semblé la plus apte à nous accompagner dans notre démarche QVT.

A quels besoins des collaborateurs L’Oréal répondent les solutions beOtop ?

beOtop espace ré energie

  • Besoin de détente
  • Bien gérer son stress son bureau
  • Pouvoir décompresser, lâcher prise, reprendre son souffle.
  • Espace tampon pour soi.

Pour y parvenir : le lâcher prise, la respiration, la détente musculaire, l’oxygénation, la luminothérapie et turbo sieste…

Toutes sont des solutions qui ne vous prennent pas plus de 30 minutes, parfois moins, appuyées par des instituts scientifiques ou sportifs, voire de santé publique et toutes sont dans le préventif, la responsabilité, la connaissance de soi, la prise de conscience, la reconnexion à soi-même…

Bilan de l’espace Re-Energie, un an après sa mise en place

Quels sont les retours des utilisateurs, les impacts mesurés ?

Même si j’ai adopté quelques-unes des solutions beOtop à titre personnel, dans toutes les entreprises comme chez L’Oréal, l’argent qu’on dépense ce n’est pas le nôtre.

On doit en rendre compte et l’impact des solutions installées devait être mesuré, non pas en terme médical, qui n’est pas de notre ressort, mais en terme de qualité de vie au travail : nous avons donc mis en place des statistiques et invité par ailleurs les utilisateurs à nous donner leur feedback sur le Livre d’or installé sur place.

On y trouve tous les jours des remerciements !  Quand vous lisez un message dans le livre d’or tel que : “Vous avez changé ma journée ! Je sais maintenant un certain nombre de choses que je peux faire chez moi. Cela va au-delà de votre responsabilité, maintenant c’est la mienne.” Ça vous fait votre semaine.

Aujourd’hui, nos collaborateurs voudraient la même exigence de qualité sur tous les sites et les responsables aux relations sociales nous disent de véhiculer la démarche pour la mettre en place partout.

Plus surprenant, notre démarche suscite un intérêt en externe, de la part de nos fournisseurs ou prestataires, qui veulent visiter et comprendre. On a même des étudiants en thèse qui viennent voir ce qui se passe chez nous pour pouvoir le partager et dire “N’ayez pas honte, n’ayez pas peur” !

L'Oreal Campus mars 2019iSkills, la conciergerie que nous avons installée chez l’Oréal il y a peu, vient de signer un partenariat avec le concept et la mise en place que nous avions recommandée : un déploiement à 360 degrés, comprenant l’installation, l’évènementiel et l’indispensable accompagnement (formations, conférences durables, sécurité, sport, bien être…).

Au quotidien, je continue à travailler la synergie avec d’autres services comme le Comité d’entreprise, le service médical et d’autres prescripteurs, pour que chacun se responsabilise autour de son mieux être.

Côté utilisation, les statistiques nous montrent que les gens viennent tout au long de la journée, l’amplitude est large entre ceux qui arrivent tôt et ceux qui partent tard.

Sur le site, chacune des solutions affichent une moyenne de 15 à 40 utilisations par jour et ce qu’ils plébiscitent, c’est de la douceur, du cocooning et du bien être.

Enfin, si auparavant ils hésitaient à parler de sieste, aujourd’hui ils se battent pour entrer dans la Boîte à Rêves !

beOtop avec L'équipe L'Oréal 12 mars 2019

beOtop avec L’équipe L’Oréal 12 mars 2019

Qu’en pense aujourd’hui ta direction ?

La Direction de L’Oréal pense qu’il faut partager cette “best practice” (bonne pratique, exemplaire) et l’étendre à tous les Loréaliens. Elle souhaite qu’on continue d’innover chaque année et d’animer l’espace.

C’était la stratégie que nous avions mise en place dès le départ, il y a 18 mois, et nous prévoyons pour fêter nos 2 ans un café littéraire olfactif fin 2019 pour parler des huiles essentielles avec Nathalie Jalenques et Jean-Charles Sommerard (Sevessence, partenaire de beOtop) !

 Y a-t-il de projets de déploiement sur d’autres sites ?

C’est en cours, mais je ne peux pas vous en parler pour le moment… rendez vous fin 2019 et 2020 !

Quels conseils peux-tu donner à un Chief Happiness Officer qui voudrait déployer un tel espace dans son entreprise ?

Attention aux effets de mode, à la complexité et à l’opportunisme ! Il faut du temps pour installer, éduquer, faire comprendre et écouter les besoins en interne.

Comme chaque solution répond à un besoin spécifique, vous devez interroger vos collaborateurs pour concevoir le projet : il n’y a pas de solution universelle, c’est à vous de créer celle qui convient à l’ADN de votre entreprise

Ainsi, chez L’Oréal, il y a une forte implication de partage avec les communautés en interne : je me suis assurée de l’implication de toutes les parties prenantes et services experts autour du projet de Mieux être à 360 degrés, bien au-delà de ces espaces ré énergie : Ressources Humaines, Chief Happiness Officer, Comité d’entreprise, service médical,…

Depuis deux ans l’écoute, la responsabilité et la co construction suivent leur cours pour aligner les besoins aux possibles mises en place pour un mieux-être global et un mieux travailler ensemble, via une démarche globale de conduite du changement, d’innovation et d’intelligence collective !

Enfin, côté prestataire, compte tenu de l’enjeu, il vous faut des personnes dévouées et honnêtes dans leur approche, aptes à vous conseiller au-delà de la mise à disposition de solutions clés en mains : c’est le cas de Nathalie Jalenques qui, avec son concept beOtop, connait bien le sujet et ses contraintes de mise en œuvre.

Merci Sandrine !

Propos recueillis par Laura Ciriani pour beOtop.